La
voie chevaleresque
Qui seulement fait de toute son
âme ce qu’il doit faire, ne s’égare jamais.
Hölderlin
Habituellement, être courageux veut dire ne pas avoir
peur, ou alors retourner les coups que l’on reçoit.
Mais ici nous ne parlons pas du courage des bagarres de ruelle.
Le véritable courage est le produit de la tendresse. Il survient
lorsque nous laissons le monde effleurer notre cœur, notre
cœur si beau et si nu. Nous sommes disposés à
nous ouvrir, sans résistance ni timidité, et à
faire face au monde. Nous sommes disposés à partager
notre cœur avec les autres.
Chögyam Trungpa
Confronter le bouddhisme,
reçu dans son originalité, préservé
dans sa singularité irréductible à nos catégories,
avec les arts et la philosophie occidentale est une invitation à
renouer avec notre propre héritage et sauvegarder l’inouï
qu’il peut nous transmettre.
Si le bouddhisme est
d’abord ainsi une voie nous invitant à surmonter notre
propre médiocrité, et oser manifester la grandeur
qui nous appelle, il est plus proche d’une voie chevaleresque
que d’une religion. Un sens de dignité peut ainsi être
invoqué dans notre vie, à même de pourfendre
la dépression, le nihilisme, le manque de confiance et cette
routine qui éteint nos cœurs.
La voie chevaleresque ne sépare plus en rien travail sur
soi-même et engagement responsable dans sa famille et dans
la cité ; l’effort poétique et l’épreuve
spirituelle.
C’est dans le dessein de concourir à ce renouveau que
Fabrice Midal a publié (en 2005) L’esprit
de la chevalerie, des atouts pour l’homme moderne. Le
bouddhisme, par son attention à la présence, à
la vision d’un monde sacré — au premier chef
par la pratique de la méditation — peut nous aider
à retrouver cette grandeur qui fut aussi exaltée dans
notre propre héritage.