La
crise spirituelle propre à notre temps est d’abord herméneutique, c'est-à-dire que l’exigence spirituelle est
privée d’une parole à même de nous parler,
de s’adresser à nous. Les Traditions ne savent plus se
faire entendre. Le bouddhisme n’échappe pas à
cette situation. Chercher à le comprendre implique de travailler
à trouver, dans nos propres racines, des manières de
le rendre vivant.
Les Tibétains,
les Chinois, les Japonais ou les Coréens ont procédé
ainsi, au point que le bouddhisme a pris dans chaque pays un visage
singulier. Le
défi est même encore plus ardu. Le bouddhisme n’entre
pas en Occident dans un monde traditionnel, comme cela le fut dans
le passé. Il est confronté à une situation qui
dépasse tout cadre géographique et qui devient planétaire.
La « globalisation » impose un questionnement d’une
grande radicalité et qui passe, comme l’avait pressenti
Chögyam Trungpa, par une transmission allant droit à l’essentiel.
Il existe un enseignement spirituel n’impliquant pas de renoncer
à sa propre intelligence, à son aspiration la plus haute,
à l’engagement dans la vie de la cité, mais permettant
de les déployer plus librement et authentiquement. C’est
à en dessiner les contours que Fabrice Midal tente d’œuvrer.
Dans ce souci, Fabrice
Midal cherche simplement à être un poète qui travaille
à présenter un bouddhisme authentique que chacun a à
réaliser et comprendre lui-même