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Ce mois ci, Fabrice Midal sera invité à parler à Notre-Dame de Paris, le Dimanche 9 Mars à 16h 30 dans le cadre des conférences de Carême.
En avant-première, voici le début de sa conférence…
Quel honneur et quelle joie d’être invité à parler, ici, en ce lieu, à Notre-Dame, cœur majestueux d’une parole et d’une histoire unique et inouïe !
Quel honneur et quelle joie d’être ainsi invité, moi qui ne suis pas chrétien mais philosophe et bouddhiste, à me mettre à l’écoute de la parole de l’Évangile. Et je pressens que, derrière ma personne, c’est un signe d’ouverture de l’Église de France envers le bouddhisme qui est venu s’acclimater dans notre pays depuis un demi-siècle.
Être bouddhiste, c’est d’abord mettre au cœur de la pensée l’expérience directe que l’on peut faire, dans l’exigence la plus radicale possible. Je vais donc tenter, de l’intérieur du bouddhisme, de dire ce que je peux vivre aujourd’hui en écoutant le Christ.
Padmasambhava
1. La mort du Dieu métaphysique
La question du Christ « qui dites-vous que je suis ? » nous interroge. Chacun de nous. « Qui dites-vous que je suis ? » Aujourd’hui, on ne dit souvent rien. Notre temps ne fait plus beaucoup de place au Christ. Notre rapport habituel aux êtres et aux choses ne passe pas au premier chef par lui. Autrefois, il était partout. Dieu était partout. Au moins comme horizon du sens. Dieu était le garant de toute vérité. Fondement. Fondation. Un arbre, un théorème, l’existence d’autrui — tout était garanti par l’existence de Dieu. Dieu était bien le fondement de toute vérité, de l’ordre social – le roi était roi de droit divin — , de l’ordre moral— éprouvé comme volonté de Dieu.
Cette disparition du Dieu garant de toute réalité — c’est ce que Nietzsche tente de penser en disant que Dieu est mort. Le Dieu métaphysique, celui devant lequel il n’est pas nécessaire de se mettre à genoux et de chanter des louanges, ce Dieu-là est mort.
Le Christ n’est plus fondement. Son évidence ne repose plus sur une nécessité institutionnelle, mais sur la rencontre qu’un être humain peut faire avec lui.
Bouddha (Mathura)
2. Le grand risque et le secours des poètes
Cette situation de la mort de Dieu pourrait être une grande chance. Mais encore faudrait-il que nous ne fermions pas les yeux sur cette situation. Que nous ne la reconnaissions. Je crois que seuls les poètes peuvent nous le permettre. Eux seuls font l’épreuve du réel sans aucun a priori.
Martin Heidegger en a pris la mesure. Il est le premier philosophe dans l’histoire de l’Occident à prendre vraiment au sérieux les poètes, à ne plus considérer que la philosophie les surpasse, à se mettre à leur écoute, eux qui nomment le sacré. Les poètes, souligne-t-il, dans l’extrême écoute à laquelle ils sont astreints, sont une boussole sûre. Ils sont prêts à faire l’épreuve de notre monde instable — de nos ombres, de l’inconfort et de la dévastation, dans l’écoute d’une parole qui parle enfin.
Or, plus nous ferons l’épreuve de cette absence de sécurité plus nous serons à même de rencontrer le Christ — non pas un rêve, une idole, l’occasion d’une consolation facile, quelqu’un que nous connaissons d’avance.
Les poètes nous montrent que c’est au plus vif de l’effroi qu’une parole de vérité peut jaillir et que seul, là, est le sol authentique. Que l’on pense ici à Arthur Rimbaud, René Char, Rainer Maria Rilke, Mandelstam ou Paul Celan. Il faut traverser la saison de l’enfer.
Comme le confie Rainer Maria Rilke au jeune poète : « Qu’est-ce en effet qui me serait plus stérile à la fin qu’une vie consolée ? ». La grandeur de l’homme dépend de son courage à soutenir l’inconfort. A ne pas fermer les yeux sur la douleur.
La naïveté qui enjoint de simplement chercher les chemins de grâce, les possibles aurores, les signes de vie, est une tentation mortelle. Il faut regarder en face la dévastation, l’éprouver, si nous voulons découvrir la vraie lumière et non pas la rêver.
René Char écrit, dans un texte crucial qu’il composa en hommage à Martin Heidegger : « Une intolérance démente nous ceinture. Son cheval de Troie est le mot bonheur. Et je crois cela mortel. » Oui, à chercher partout le bien-être, le confort, nous nous fermons à tout. Rien ne peux plus alors nous rencontrer pour de bon. Rilke, dans un des Sonnets à Orphée, fait un diagnostic aussi impitoyable que vrai:
« Les souffrances ne sont pas reconnues,
L’amour n’est pas appris
Et ce qui dans la mort nous éloigne
N’est pas dévoilé. »
Il nous faut le reconnaître si l’on veut entendre une parole de vérité. Or on cherche des solutions de bout de ficelle. De vides slogans. Face à la déflagration des « valeurs » anciennes, qui résulte de la “mort de Dieu” – on se crispe de manière passéiste ou encore on revendique d’autres « valeurs ». Mais il faut abandonner cette notion monétaire et faire l’épreuve réelle de notre monde. Reconnaissons que nous n’avons plus de repères fixés une fois pour toute. Et pour ce que je peux comprendre des Évangiles, le Christ loin de nous donner un manuel pour éviter l’angoisse et être à l’abri en toute situation, nous fait sortir dans la nudité du grand risque. Il le dit sans cesse. « Qui dites-vous que je suis ? » Celui qui ne vient pas calfeutrer les brèches, nous apporter la sécurité, rendre notre société plus habitable. Il nous parle d’une perspective tout autre que celle de nos habitudes. C’est pour cette raison, d’abord, qu’il choque, qu’il provoque.
Bouddha (gandhara)
3. Pourfendre le matérialisme spirituel
Quand j’ai lu les Évangiles pour la première fois, j’ose à peine le dire, j’avais trente ans. J’ai été foudroyé. Cela n’a rien à voir avec tout ce que l’on m’avait raconté ou que j’avais cru entendre.
Je ne m’en suis jamais remis.
(Suite à Notre Dame…)
Conférence à 16h30 en la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Conférence retransmise en direct sur France Culture et KTO, télévision catholique
Les conférenciers du dimanche sont invités à un dialogue sur Radio Notre-Dame de 20h45 à 22h30 (Retransmission de la conférence de 20h à 20h45 suivie de ce dialogue animé par Pierre Moracchini jusqu’à 22h30).
RCF : Les conférences sont retransmises en différé à 18h15.
Retrouvez l’intégralité des textes des conférences de Carême 2008 à Notre-Dame de Paris en librairie à partir du 16 mars 2008. "Qui dites-vous que je suis ?" Editions Parole et Silence
Le livre sera également en vente à Notre-Dame de Paris à la fin de la conférence du 16 mars.
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Fabrice Midal dédicacera au Salon du Livre, Porte de Versailles.
Dimanche 16 Mars
- De 11h à 12h son livre « Au service du Sacré, éd. du Grand Est, sur le stand des Pays de la Loire
- De 12h30 à 14H30 son livre « Le bouddhisme à travers 100 chef d’œuvres » sur le stand Presses de la Renaissance
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Le prochain séminaire de l’association de Prajna et Philia se déroulera dans le limousin du 19 au 26 Juillet. Il aura pour thème : La voie du pur amour.
Seul dans l'amour, vivre est possible. Nous le savons tous. Mais nous l’oublions et nous restreignons l’amour. Nous le confondons avec nos rêveries sentimentales. Nous sommes obnubilés par nos petits problèmes. C’est dommage.
L’amour pur, lui ne veut rien, il donne librement. Il ne sépare pas, mais toujours, il uni.
Nous avons tous fait l’expérience de l’ouverture entière du cœur. Parfois en marchant dans la nature. Parfois en écoutant un morceau de musique ou en lisant un poème. Parfois en tenant la main d’un ami ou en marchant à ses côtés.
Comment retrouver de telles expériences ? Comment de là, saluer l’amour et y répondre. Lui donner place. Toute la place. Comment vivre en lui faisant confiance ?
Comment de là, marcher en direction du pur amour — où l’esprit se fond dans le cœur et le cœur se dissout dans l’espace.
La méditation bouddhiste montre une voie. Elle vise à nous permettre d’habiter cet espace du pur amour. Don entier. Réelle, bienveillante et ardente ouverture. Ne laissons pas l’amour être mis en cage. Nous pouvons tous consentir à l’immensité à laquelle il nous invite. Ne renonçons pas.
Ce séminaire est d’abord une retraite au sein de laquelle est transmise la pratique de la méditation de manière précise, rigoureuse et directe.
Il se compose de sessions de méditation en groupe, de temps de questions/réponses et d’enseignements.
Fidèle à l’esprit de Prajna et philia, la vision du Bouddha sera présentée dans le dialogue avec la poésie et la pensée occidentale.
Des démonstrations organisées par Jozef Prelis, artiste, maître d’art floral et de cérémonie du thé permettent de voir comment, à notre tour, célébrer notre existence et à ne plus séparer la méditation et l’action.
Ce programme est particulièrement recommandé à ceux qui voudraient apprendre à méditer dans un environnement non religieux. Il est le séminaire le plus directement pensé pour les débutants.
Etant données les limites d’accueil, nos séminaires sont toujours complet et il est bon de s’inscrire le plus à l’avance possible.
Un programme destiné aux enfants des participants, dirigé par des enseignants et pédagogues professionnels sera organisé.
Pour tout renseignement :
Marie-Laurence Cattoire 06 11 05 68 63
marie-laurence@cattoire.com
Léa Sham’s 05 55 58 29 93
leashams@club-internet.fr
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