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Le pur amour

En 2007, le séminaire d’été de Prajna et Philia s’intitulait La beauté sauvera le monde ?, cette année, ce sera du 12 au 19 juillet,  Le pur amour. Nous y laisserons chanter l’immensité de l’amour.

Qu’est-ce qu’aimer ? Comment mieux aimer ? Comment ne pas restreindre l’amour et lui donner son ampleur véritable ?
Le pur amour, c’est l’amour tel quel. Bien sûr, il est difficile d’y demeurer. Et souvent, nous saccageons l’amour par peur, angoisse ou maladresse. Mais nous avons tous connu des moments de pur amour et l’important est d’abord de les reconnaître. Laissons tomber nos idées sur l’amour et revenons à la vérité de notre expérience.
Sur ce sol, un chemin peut se dessiner. L’enseignement du Bouddha, lorsqu’il est libéré de la gangue des concepts fatigués, nous le montre. Il le vise même qu’à cela.
C’est d’autant plus nécessaire que contrairement à tant d’idées reçues, souvent même non consciente, l’amour ne vient pas tout seul. Aimer demande de préserver la terre du cœur dans l’intelligence la plus posée et dans l’attention la plus claire.

Voici quelques-uns des axes que nous aborderons selon l’allure du séminaire qui, comme toute aventure, se figure, chaque fois, selon le désir ardent propre à chacun et le génie de la situation.

1. Comment l’art et la nature nous exposent au pur amour ?
Il y existe une dimension de l’amour plus ample, plus profonde que celle dont nous sommes souvent coutumiers. Un amour pur, libre de toute instrumentalisation. Un amour qui n’exige rien.
Quand en faisons-nous l’expérience ?
Contrairement à ce que l’on croit habituellement, non pas au premier chef dans la relation amoureuse où tant d’attachements et de souffrances se mêlent, mais bien plus souvent au contact de la nature ou à l’écoute de l’art. Là, sans l’avoir nécessairement décidé, nous sommes touchés au plus profond de notre être et mis à l’unisson du monde. Nous sommes dans un état de présence et de grande tendresse.

2. Reconnaître le point tendre de notre cœur
L’amour est une manière d’être touché par la fragilité, la beauté mais aussi la douleur du monde. Or être touché est inconfortable et souvent nous préférons ne pas l’être, sans nous rendre compte qu’ainsi, nous fermons la porte à l’amour.

Aussi l’essentiel est de reconnaître que notre vulnérabilité loin d’être un défaut, un manque d’assurance est l’unique espace de résonance où l’amour peut se délier.
À la différence des volcans dont il faut éviter qu’ils explosent, l’embrasement de notre cœur doit être maintenu ardent. Aimer, c’est assumer la douleur de ne plus chercher à se couper de ce qui est. Chemin héroïque.
La pratique de la méditation assise nous y aide. Elle nous montre comment ne pas fuir l’incertitude et accepter d’être ému.

3. L’innocence bouleversante de l’amour
Sapphô est l’une des toutes premières poètes de l’Occident. Dans les textes qui nous restent d’elle, sont liés ensemble amour et poésie, émerveillement devant l’aimé(e) et rythme de la parole. L’amour, en effet, appelle au chant. Il est à la fois source de la musique et de la poésie : de ce qui ne cherche pas à convaincre ou à raisonner mais à faire de notre être une lyre à même de s’accorder à tout ce qui survient.
Même dans l’intensité la plus poignante et la plus douloureuse que Sapphô a si bien décrite, l’amour garde une innocence que ces poèmes nous apprennent à célébrer.

Il importe de souligner le mode propre à l’éclosion amoureuse du désir, à l’amitié, au partage nuptial et à l’incandescence nue dans son déploiement spirituel.

4. Pourquoi souillons-nous si souvent l’amour ?
Nous confondons souvent l’amour avec la possession, le besoin de sécurité, le souci de ne pas être seul, ou encore la jalousie.
Pourquoi ?
L’enseignement du Bouddha est ici très éclairant. Il distingue le moi —  cette instance qui, en nous, cherche toujours à se rassurer et à tout manipuler pour être le centre du monde — du soi, notre être véritable qui est d’abord souci de l’autre, lampe d’une grande bienveillance.
Donner droit à l’amour passe par le démantèlement du moi et par l’acceptation de l’incertitude de notre être.
En ce sens, aimer n’est pas saisir et posséder  — le propre même du jeu de l’ego — mais accueillir, laisser être et accompagner — mouvement du soi.

5. Manquer de cœur — pourquoi est-ce une chance ?
Sentir qu’on ne sait pas aimer, que l’amour nous effraie, n’est pas du tout une mauvaise nouvelle. C’est même le signe indiscutable que l’amour nous parle. Il nous dit : tu me trahis, tu m’oublies. Réjouissons-nous de pouvoir réussir à l’entendre. Nous avons un lien avec lui.
Tant de gens ne le savent pas. Ils ont abandonné l’amour et affirment en être très content. Ils l’écrasent jour après jour avec indifférence.
Or ce sentiment de ne pas savoir aimer est la pierre de gué qui nous permet de traverser le fleuve de notre insuffisance pour joindre le versant de l’amour.
Croire qu’on est déjà, d’avance, dans l’amour, c’est, à coup sûr, ne pas y être. Car en effet, plus on avance dans le chemin de l’amour, plus l’on découvre combien peu nous savons aimer. L’essentiel est d’écouter l’appel que l’amour nous fait et de chercher à un peu mieux lui répondre. La vie devient alors un chemin vivifiant et passionnant.

6. L’étrange ambition de l’amour à être équanime.
L’amour est étrange. Loin de se contenter de se diriger vers ceux qui nous sont proches, nos amis, il veut croître, s’étendre  et nous faire aimer même nos ennemis.
Il veut inclure tous les êtres et devenir aussi vaste que l’univers. Pouvoir inclure, comme nous le montre la philosophe Simone Weil, le complet étranger. Être à même de ressentir la souffrance de tous ceux qui souffrent.

Comment faire pour répondre à un tel appel ?
C’est très simple.
Nous aimons tous quelque chose ou quelqu’un — même si c’est seulement les crêpes au sucre. Voilà un parfait point de départ. Le chemin consiste à laisser cet amour irradier. Le bouddhisme présente des exercices, qui seront présentés lors de ce séminaire, pour s’y engager — et pour cette raison, il nous est précieux.

7. Est-ce qu’il existe un amour pur ?
Les mystiques de toutes les religions évoquent l’existence d’un pur amour, d’un amour qui n’attend rien et ne demande rien. Qui s’offre.
Mme Guyon et Fénelon son disciple en ont particulièrement témoigné, et ont souffert pour l’avoir proclamé.
Le 16 mars 1699, après un long et retentissant procès, le Souverain Pontife Innocent XII condamnait les 23 propositions de Fénelon sur le pur amour, tandis que Bossuet faisait enfermer à la Bastille, Mme Guyon.
S’autorisant de la doctrine des Saints, ils avaient cru pouvoir affirmer l’existence d’un état d’amour pur. Pour l’Eglise, cela ne pouvait que saper son pouvoir sur les fidèles. Non, l’amour seul ne peut rien. Il faut suivre le magistère de l’Eglise.

Je voudrais montrer pourquoi la mystique, loin d’être un discours abstrait, difficile, réservé à une élite, est au contraire le discours le plus simple et le plus à même de nous parler. Aucune difficulté pour le comprendre puisqu’il parle droit au cœur.
La religion comme institution a toujours cherché à empêcher la mystique. Elle l’a souvent combattu.
Aussi est-il essentiel de ne pas les confondre et, en se méfiant du religieux, de nier le chemin le plus simple pour ouvrir son cœur et vivre dans la vraie joie.
Alors que la religion tend souvent à poser l’individu dans les murs de la loi, de le tenir museler,  la spiritualité le pousse à oser la liberté.

 8. Oser l’amour et savoir  se laisser être guidé par lui
Donner droit à l’amour, c’est sauter dans le grand réel qui fait exploser nos habitudes et nos manières de nous préserver. C’est changer nos points de repère, notre manière de tout considérer à partir de nos petits calculs.
La poète russe Zvetaïeva en témoigne avec une radicalité impressionnante.
Je tenterais de montrer comment sa vie était dirigée par son obéissance à la perspective extrême de l’amour. Elle ne s’est pas dérobée. Elle assuma d’une manière étonnante l’effroi que suscite cette vérité et cette exigence extrême.
Son œuvre nous apprend à soutenir cette impossible fulgurance.

9. L’amour au sein d’un chemin spirituel : cheminer avec un maître
Le mot spirituel donne lieu à de graves malentendus. On le situe comme ce qui n’est pas matériel. Or cette distinction spirituel/matériel est erronée. On peut être en rapport avec des anges et des démons et être aussi sombre qu’égocentrique. Le seul sens de la spiritualité si elle en a un, est d’ouvrir notre cœur de la manière la plus entière et la plus juste possible.
Difficile d’y arriver sans un maître. Le maître spirituel est l’être qui vous aide à entrer en rapport à un espace plus vaste que celui des représentations intellectuelles et des jeux émotionnels. Il aide ainsi à devenir plus libre et à voir que le chemin est possible.
Le centre de la relation du maître et du disciple est le désir ardent de part et d’autre d’être fidèle à l’amour.

10. L’espace de l’amour, le ciel ouvert
Accepter de se défaire de ses préoccupations habituelles et de ses inquiétudes pour découvrir l’ouverture du présent, c’est apprendre à laisser place à l’amour. L’amour n’est pas ailleurs. Il habite cette présence nue, qu’à chaque moment il est possible de reconnaître et laisser venir à être.
La transmission spirituelle est d’abord l’exposition de tout notre être à cette évidence : l’amour est possible.
Je guiderais tout au long du séminaire de nombreuses méditations pour que cette expérience soit reconnue dans sa simplicité première.

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Ce séminaire sera suivi, pour ceux qui veulent entrer plus avant dans le chemin, par une retraite intensive (du 20 juillet au 7 août)  : libérer l’incandescence de l’amour

Depuis des années, mon aspiration la plus profonde est de pouvoir transmettre, dans sa radicalité aussi provocante que salutaire, le tantra. Je ne l’ai encore jamais pu.
Mais l’engagement dans la pratique de tant d’étudiants et le sérieux de leur détermination semblent créer une situation propice.  Pour la première fois depuis la création de Prajna et Philia, il semble possible cet été que soit proclamé l’autre visage de l’amour, celui qui prend le point de vue du brasier où seul tout est nécessaire.

Quand j’ai fondé Prajna et Philia, je savais que j’aurais une double tâche à accomplir. D’abord transmettre  la pratique de la méditation de la manière la plus claire et simple possible, en prenant appui sur la richesse de l’Occident et en évitant tout jargon bouddhique. C’est l’engagement des soirées, week-ends et séminaires que je donne. Permettre à chacun de savoir méditer sans avoir à adhérer ou croire à quoi que ce soit.  Montrer comment la méditation n’est pas une pratique déconnectée de notre vie quotidienne, mais au contraire la manière de nous apprendre à mieux la vivre. D’où le thème du séminaire de cet été.

Puis, pour ceux qui veulent aller plus loin, transmettre cette démesure dont Chögyam Trungpa nous a montré la nécessité.
J’ai depuis si longtemps hâte de pouvoir oser une parole qui ne ménage rien, qui ne moque des conventions. Mais rares sont les êtres prêts à sauter dans l’espace de la liberté et entendre une parole qui peut les remettre en question. Tant de gens viennent chercher une manière de se sentir mieux, d’être plus à l’aise. Il suffit qu’ils se sentent un peu mis en cause pour prendre leur jambe à leur coup.
Quel dommage ! Car c’est, pris au vif de son existence, que le dharma fait sens et nous pousse vers l’immensité à laquelle, tous, nous aspirons. Ce sont ces moments où mes maîtres m’ont le plus profondément remis en question, pris sur le vif d’hypocrisie, de lâcheté que j’ai le plus appris, le plus décisivement été conduit à l’endroit juste, dans l’espace de guérison. Et plus j’ai fait l’impossible pour les suivre, plus j’ai surmonté les obstacles pour les écouter, plus le nectar du dharma s’est écoulé.
Le tantra, dont j’ai présenté à grand trait un visage dans Introduction au tantra bouddhique, l’incandescence de l’amour, est la vision qui s’engage le plus résolument hors de la crainte. Il est l’engagement poétique qui se moque des raisonnements et des précautions. Le chant le plus allègre.

Lors de ce séminaire, nous sauterons d’abord dans l’héroïsme du Mahayana en l’inscrivant enfin dans la richesse de l’Occident et de ses propres traditions chevaleresques.
Puis, le cœur résolu, nous entrerons dans le feu pour laisser dans la paume de notre main s’épouser la lune et le soleil.

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Week-End à Genève
samedi 14 et dimanche 15 juin 2008

 Jackson Pollock, la méditation et le saut spirituel dans la modernité

Château Bruyant, Maison des Enfants du quartier des Pâquis
14, rue des Buis- 1202 Genève

Horaire
Vendredi 11 avril le soir de 20h à 22h00
Samedi 12 avril : 10h00-12h30, 15h00-18h30
Dimanche 13 avril : 9h30-12h30

Renseignements et inscriptions :
grace@sunrise.ch

Week-end en Limousin :
vendredi 20 juin 20 heures au dimanche 22 juin 13 heures

Introduction à la méditation comme voie d'honnêteté
Développer la paix du coeur et la vision juste

Firbeix 40 mm sud de Limoges direction Périgueux

Renseignements et inscriptions :
Léa Sham's : 05 55 58 29 93 
leashams@club-internet.fr

Soirée à Paris :
Le mardi 17 juin, 4, rue Aubriot, 75004 Paris (M°Hôtel de Ville), à 19h30 précises.

 "Pourquoi la méditation n'est pas une thérapie — le rôle du maître spirituel dans la tradition bouddhique".
Pour fêter la fin de nos rencontres avant l’été, un pot de l’amitié clôturera notre soirée.

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Si vous avez des réactions ou des informations à nous faire connaître, écrivez à : fmidal@club-internet.fr

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