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Allen Ginsberg et Chogyam Trungpa

Depuis des années, lorsque j’ouvre un livre qui vient de paraître sur le bouddhisme, très souvent, j’y trouve comme ce soir à peu près ceci, que je reprends tel quel :
« Le bouddhisme est un ensemble de techniques savantes conçues pour exercer l’esprit. Selon le Bouddha, la compréhension et l’application de ces techniques au quotidien nous permet de ressentir la paix intérieure, la compassion et la sagesse, en développant nos potentialités psychiques. »
Rien n’est plus étranger au chemin de la méditation que ces propos ! Tout ce que je comprends du dharma est ici nié. Ces livres qui paraissent ainsi sont d’une grande violence, à vouloir restreindre la parole inouïe du Bouddha, qui a changé le cours de l’humanité, à un vulgaire ensemble de techniques plus ou moins narcissiques…
Il n’y a aucun mal à chercher le bien-être. Aucun problème à utiliser la méditation à cette fin. Mais il est inacceptable de présenter la parole du Bouddha en la confondant avec ces moyens de développement personnel.

Manuela Böhme

Le dharma n’apporte aucune consolation. S’asseoir sur un coussin et pratiquer la méditation est un effort, souvent pénible. Nos difficultés nous font alors face de manière impitoyable.
Ecouter l’enseignement nous provoque et nous met en question. Il n’est pas là pour confirmer nos opinions ou en créer de nouvelles.

Christian Schlicht

On comprend qu’il y ait plus intéressant à faire que de suivre un séminaire et méditer et que la plupart des gens reportent toujours leur décision de s’y consacrer. Et en plus cela coûte de l’argent quand il y a tant de choses magnifiques à acheter dans le monde (des vêtements, du matériel informatique, des voyages exotiques et instructifs, des livres passionnants, sans parler de l'extrême nécessité de payer son loyer, les charges et les impôts).
Comment avoir même envie de faire un tel effort quand, si nous voulons être raisonnable, nous avons au préalable tant de problèmes psychologiques, familiaux, socio-professionnels à résoudre ? Le dharma n'a vraiment aucun sens selon toutes ces logiques. Il n’est pas raisonnable.
Pour cette raison, personne ne peut d’ailleurs demander à quiconque de venir pratiquer.
Une telle aspiration ne peut être que personnelle.
Pratiquer, s’engager à suivre la parole du Bouddha est un saut absolu par rapport à toutes les attitudes habituelles. Absurde de venir pratiquer pour essayer d’avoir du bon temps, par obligation, par devoir affectif, pour essayer d’être dans le spirituel, de s’échapper de son quotidien.
La seule raison juste de venir est de venir pour le dharma, pour l’espace du non-ego, l’espace qui nous décentre de notre pathétique égocentrisme, parce qu’on ne peut plus respirer sans. Etre assoiffé de poésie.

Elodie Laloeuf

Les séminaires que je dirige, parce qu’ils ne présentent que le dharma, n’ont que cette aspiration, ne vous donneront aucun diplôme et ne vous feront rien gagner. Il y a tant de stages formidables qui vous aideront à vous faire du bien. Mais pas ceux que je donne. Sur ce point, aucun compromis n’est possible.
Aucune promesse. Le dharma est le nom de l’espace inconditionnel, de l’incandescence de l’amour et de la beauté pure. Rien qui n’ait le moindre prix. Pure gratuité. Grâce extrême. Nous ne pouvons que nous y rendre et nous y abandonner pour entendre le monde sacré. Alors et alors seulement la porte d’or peut s’ouvrir.

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Le prochain séminaire que je donnerai et qui aura lieu du 14 au 21 juillet au Château de Ligoure portera sur la beauté. On y pratiquera la méditation. À apprendre à méditer. À revenir à cet espace de gratuité où se défont les jeux vains des habitudes et des inquiétudes.
On y louera la beauté. Il ne s’agira pas de parler de la beauté mais d’ouvrir un espace de beauté, d’en faire l’épreuve, de faire l’épreuve de la manière dont l’écoute de la beauté, la possibilité de lui donner place, sauve. La beauté est même seule à pouvoir sauver le monde.

J’ai pensé que vous apprécieriez, que vous veniez ou non, que vous hésitiez à venir ou soyez déjà inscrit, d’avoir une courte présentation de chacune des causeries qui y seront données. (sous réserves de modification)

1. Le Bouddha et la poésie
Pourquoi la poésie et l’art dans leur fidélité à la beauté, offrent-ils aujourd’hui l’espace pur et parfait pour transmettre l’esprit du Bouddha ?
Nécessité de sortir du bouddhisme comme doctrine et religion, règles de morales et techniques de développement égocentrique.
Pourquoi Chögyam Trungpa était-il un artiste - son engagement dans l’art.
Jean Dubuffet, Robert Wilson et Giacinto Scelsi : trois exemples d’artistes qui gardent le feu du ciel libre des souillures des habitudes et des concepts. Comment se mettre à l’écoute des artistes, sans peur, sans se sentir impressionnés parce que nous n’avons pas de connaissances et de ressources ?

2. L’immédiateté et l’instant pur ou comment le temps abrite la beauté
Qu’est-ce que l’instant poétique ? En quoi la modernité nous apprend-elle à comprendre autrement le sens du présent.
De l’instant présent à l’instant pur : un saut nécessaire. Se méfier de la fausse innocence et de toutes les fadaises racontées à propos du moment présent.

3 : Le cadeau des perceptions sensorielles… une porte d’entrée dans le monde de l’Ouvert.
En quoi les perceptions peuvent nous aider à nous ouvrir à la beauté et au présent. Comment leur donner droit.
Comment apprendre à voir ? Proust et Nan Goldin.

4. Se libérer par les perceptions et se libérer des perceptions à l’âge de la modernité
« Les sens qui sont notre rapport natif au monde sont en même temps ce qui nous éloigne du monde. D’où la nécessité, si le but est bien de voir le monde, de dérégler les sens. »

5. Le retrait nécessaire à l’apparition de la beauté

6: La loyauté. Servir la beauté et enchanter le monde. Développer la plus haute discipline.
« Qu’une opinion esthétique ait cours, qui prétendait que l’on peut saisir la beauté, c’est là ce qui vous a égarés et ce qui a produit des artistes qui croyaient que leur tâche était de créer de la beauté. Et il n’est certes pas superflu de répéter que l’on ne peut pas créer de la beauté. Personne n’a jamais créé de beauté. On ne peut que ménager des circonstances aimables ou sublimes pour ce qui, parfois, consent à s’attarder chez nous. »
R. M. Rilke

7. Qu’est-ce qu’une cérémonie et comment faire jaillir la beauté dans sa vie


Pour vous inscrire à La beauté sauvera le monde
Contacter Léa
leashams@club-internet.fr
La Drouille
87 800 St Hilaire les Places.
05 55 58 29 93

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VOIX BOUDDHISTES

Comme vous le savez sans doute, l’émission du dimanche matin voix bouddhistes s’est arrêtée et Catherine Barry, qui la présentait, a été licenciée. Je le regrette profondément non seulement en raison des liens d’amitié qui me lient à elle, de ses efforts constants qu’elle a toujours mené pour faire une émission populaire de qualité, mais aussi pour les conséquences qu’une telle décision fait peser sur le bouddhisme en France.

Si vous partager mon sentiment, n’hésitez pas écrire à France 2 : info@bouddhisme-france.org

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Les photos présentées dans cette lettre (à l’exception bien sûr de celle d’Allen Ginsberg et de C. Trungpa) sont l’œuvre d’étudiants de Prajna et Philia participant à l’exposition qui se déroule à la galerie Métanoïa, jusqu’au 8 septembre.
Un choix avait déjà été présenté dans la précédente lettre, en voici d’autres.

Le 5 septembre, s’y déroulera une signature de mon prochain livre La photographie
entre 18h et 20h

... Être photographe c'est d'abord inventer sa discipline, c'est-à-dire élaborer peu à peu une direction à partir de laquelle du visible peut apparaître. Passer de la perception à la vision.

...Être photographe implique une discipline rigoureuse : essayer de voir quand tout empêche de voir, en sachant qu'on n'y voit rien et en en souffrant éperdument. Tel est le sens de la pratique de la méditation : apprendre à laisser son regard retrouver sa source, la décanter - et être prêt à traverser notre confusion pour le permettre.

Galerie Métanoïa 56 rue Quincampoix 75004
Tél +33 (0)1 42 65 23 83
www.galerie-métanoia.com

Vous y êtes tous bienvenus.

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Le 31 juillet à 14h sur France Culture, l’émission que j’avais produite l’année dernière sur Martin Heidegger , sera redifusée.


Martin Heidegger, Pensée du divin et poésie

De Martin Heidegger, on entend souvent parler mais si peu nous est dit sur l’aventure dans lequel il s’est engagé. Cette émission abordera la manière dont le philosophe ouvre une méditation sur le divin et la poésie d’une ampleur inégalée.
Avec Martin Heidegger, la philosophie rompt avec l’attitude de distance voire de condescendance qui fut longtemps la sienne envers l’art. Elle se met à son écoute.
Heidegger a ainsi médité pendant de nombreuses années, avec intensité, l’œuvre de Hölderlin et a nommé son propre travail, le chemin de Cézanne. Est-ce que cette écoute de l’art, et tout particulièrement de l’art moderne, ne révèle pas l’engagement radical dans la modernité poétique de Martin Heidegger et ne trace-t-elle pas le chemin d’une vie ?
Martin Heidegger a écrit des pages lumineuses sur Rimbaud, Van Gogh, Rainer Maria Rilke, a analysé la situation de l’exposition de l’œuvre d’art à l’époque de la technique, a évoqué le cinéma de Kurosawa, a rencontré Georges Braque, a été particulièrement à l’écoute de la poésie de Paul Célan, a vécu une relation d’amitié avec René Char.
Que se joue-t-il dans ce rapport si fécond et unique, aussi bien pour la philosophie que pour l’art ?

Au-delà de l’aventure d’une vie, l’écoute de la poésie — au sens le plus large qui inclut tous les arts —, conduit Martin Heidegger à une pensée du sacré d’une singularité aussi extrême que décisive pour notre temps. Car ce à quoi nous invite Martin Heidegger c’est à une pensée tout autre du sacré que celles que nous connaissons et qui peut, sans doute, permettre des ponts avec l’Orient et les pensées non-métaphysiques.
Cette émission cherchera à donner à entendre la manière dont Heidegger s’est mis à l’écoute de l’art, comment tant d’artistes ont trouvé dans son œuvre une planche de salut, et comment s’ouvre de ce dialogue une pensée du divin d’une ampleur encore insoupçonnée à même de nous permettre d’exister plus authentiquement.

Avec :
Hadrien France-Lanord : Professeur de philosophie, auteur de Paul Celan et Martin Heidegger, le sens d’un dialogue, Paris, éd, Fayard, 2004 et traducteur de Martin Heidegger, La dévastation et l’attente, Paris, Gallimard, 2006.
Pierre Jacerme: auteur de L'éthique à l’âge nucléaire Paris, Lettrage, 2006.
Jean Lauxerois : Professeur de philosophie, De l’art à l’œuvre, Paris, L’Harmattan, 1999.
Philippe Sollers : Ecrivain.

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Si vous avez des réactions ou des informations à nous faire connaître, écrivez à : fmidal@club-internet.fr

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