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SIEGFRIED OU L’APPRENTISSAGE DE LA PEUR (2)
Wotan et Alberic dansla mise en scène de Robert Wilson
Siegfried va-t-il réussir à rencontrer Brünhild, le féminin dans son ardeur pure qui libère le cœur de l’homme ?
Ici il s’agit à la fois du rapport entre l’homme et la femme — mais aussi en chacun de nous du masculin et du féminin. Et il faut ici rappeler qu’entre deux hommes ou deux femmes qui s’aiment – le même mouvement peut être à l’œuvre.
Siegfried affronte le rocher, traverse les flammes du souci narcissique, de ce vain souci d’être toujours dans le confort, de ne jamais souffrir en rien. C’est ainsi que Martin Heidegger écrit à sa future femme « Remercions Dieu d’être des hommes qui portent la vie comme un fardeau — ce n’est pas du pessimisme — mais tout ce qui est grand et profond possède la marque du tragique. Réjouissons-nous, petite âme, toi, de ce qu’il nous sera permis dans des jours à venir de continuer à nous dire et nous confier encore tant de choses — une vie pleine de souffrances est toujours une vie grande, et ce qui veut accéder à la vie, à la réalité et au soleil doit passer par la douleur… »
Siegried dans la mise en scène de Robert Wilson
Siegfried traverse de grandes épreuves pour être auprès de Brünhild. L’homme sans courage ne peut pas rencontrer le féminin — qui dans son éclosion propre ne s’ouvre qu’à celui qui est digne d’elle et la demande pour de bon.
Mais là Siegried rencontre la peur. Il peut alors, enfin, s'ouvrir à l'amour. Devant la Dame, il tremble et son cœur s’ouvre enfin. Lui qui a vécu isolé, séparé de l’humanité la retrouve instantanément. Sa force s’ouvre à la tendresse.
Il ne s'agit en aucun cas d'idéaliser la femme, mais de se rendre à elle.
Là naît une entente plus réelle de la sexualité qui s’ouvre de ce déploiement où la peur est assumée et où elle préserve l’aimé(e) à son propre secret. Jamais la sexualité n’atteint à sa haute portée sans traverser cette densité du cœur humain qui ne peut jamais se saisir, qui n’est jamais possible de mettre une fois pour toute à l’abri.
Il y a chez Wagner ce qu’on appelle des leitmotivs qui sont des thèmes musicaux qui ont des significations différentes. Dans l’Or du Rhin, au moment de la rencontre entre Siegfried et Brünhild, un thème musical apparaît : la Peur. Au moment où le chevalier sans peur et sans reproche va rencontrer la Dakini, la femme, la sagesse, il commence à avoir peur. Il commence à devenir humain pour de bon. Lorsqu’on aime pour de bon, on touche alors sa peur. Lorsqu’on touche sa peur, on apprend à aimer pour de bon.

Méditation en marchant, Photo du dernier séminaire "S'approcher de soi-même dans l'amitié", Oct-Nov 2007.
Le réveil du cœur, l’espace de la sagesse
Réveiller la sagesse peut demander beaucoup de temps parce que la Sagesse a du mal à reposer dans sa propre immensité. La patience est ici de la plus haute nécessité. La Sagesse veut tout. Elle ne peut pas supporter la médiocrité et l’hésitation qu’elle foudroie sur le champ. C’est ainsi.
Si quelqu’un demande la Sagesse, demande à s’unir à elle, à la célébrer — il s’engage à tout perdre, à se dénuder entièrement, à n’être désormais plus qu’à son service. Servir la Sagesse c’est mourir à soi-même pour mieux renaître — selon un schéma que l’on retrouve dans toute initiation, dans toute quête. Mourir à nos désirs mesquins, à nos combines, au ressentiment pour naître à notre être propre. La Sagesse ne se donne qu’à celui qui est animé par l’amour le plus pur, l’amour qui dénude entièrement.
Mais à son déploiement tout change, le monde s’illumine.
Voici la première chose que Brünhild dit à Siegfried lorsqu’elle se réveille :
Gloire à l’astre
Gloire au soleil
Qui enfin ose
Se manifester.
Il lui répond :
Comment oser
Me révéler en moi-même
Que sa voix me réveille ?
Siegfried ne devient en effet chevalier que pour autant qu’il touche sa peur qui lui permet de s’ouvrir véritablement à son cœur — et là, la sagesse peut se manifester.
Chacun d’entre nous, comme Siegfried, doit avoir le courage de faire l’épreuve de sa peur pour que la sagesse, en nous, puisse se manifester, pour que le féminin, en nous, puisse se déployer. Chacun de nous doit faire le voyage dans sa vie réelle, dans son propre être et de tous les côtés à la fois. Chacun doit s’ouvrir à cette sagesse qu’on ne peut jamais maîtriser, à la peur qui est le cadeau sans lequel il n’y a aucun pouvoir possible et aucune vie possible, sans lequel aucune parole n’émane du cœur et aucune présence véritable ne peut advenir.
Tara verte
La méditation
Vous pouvez pratiquer pendant cinq ans, dix ans, quinze ans ou vingt ans, mais si votre cœur n’habite pas votre parole, alors vous n’avez pas encore ouvert la porte de la méditation.
Celui qui devient un professionnel de la méditation est un assassin. Il est assassiné en lui le vrai trésor. Ayant perdu la peur, il ne sait plus rien de l’amour. Il ne garde plus rien de la méditation — qui ne peut plus être pour lui qu’une technique de développement narcissique ou un passe-temps supérieur. Nombre des maîtres spirituels et des enseignants bouddhistes me donnent cette douloureuse impression.Ils sont des fonctionnaires acharnés de leur médiocrité — devenus ivres de leur puissance parce qu’ils répètent une parole usée qui fait néanmoins toujours un certain effet.
Il est décisif de préserver la pratique de la méditation dans ses ressources véritable et qu’elle nous permette de sentir notre peur. La peur dont je parle est celle qui, au plus profond de nous-mêmes, nous empêche d’être – cette peur qu’on ne sent pas. Elle touche directement à ce que dans les enseignements bouddhiques nomment les trois poisons qui infectent notre existence : cette manière de saisir les choses, de les rejeter ou de s’en foutre. Ce sont les trois manières d’avoir rapport aux choses à partir de la peur. A partir de la peur nous ne laissons pas ce qui est se manifester vraiment.
Hadrien France-Lanord, Photo du dernier séminaire "S'approcher de soi-même dans l'amitié", Oct-Nov 2007.
Certes aucune assurance n’est délivrée lorsqu’on s’assoie sur un coussin. Vous êtes toujours aussi susceptible de passer entièrement à côté du mouvement qu’elle nous invite à accomplir. La méditation nous permet de revenir, encore et encore, au moment présent. Si nous ne l’utilisons pas pour nous calmer mais en faisons la voie d’une ouverture réelle à ce qui est, de manière étonnante, sans que j’en comprenne tout à fait les raisons, elle nous met à nu. Elle nous met à nu parce que nos habitudes de bavardage et de recouvrement des choses s’effritent. Nos fonctionnements habituels s’effritent. Ce mouvement en amont que je décris est celui de la méditation : ne pas en rajouter, ne pas mettre un vêtement de plus mais tout enlever. Les pensées apparaissent, mais on cesse de s’y accrocher. On n’y croit plus. On n’en rajoute plus. On laisse le mouvement dans son mouvement. On ne fait pas le vide. On reste dans l’ouverture du présent — tel quel. La méditation nous aide seulement si elle nous dénude. Il y a des centaines et des milliers de manières de faire ce chemin. L’important est de faire l’épreuve du dénudement.
Fabrice Midal, Photo du dernier séminaire "S'approcher de soi-même dans l'amitié", Oct-Nov 2007.
Prochains rendez-vous
La prochaine soirée de méditation à Paris.
18 décembre 2007
3, rue Aubriot 75004 Paris (entre le BHV et le Centre Georges Pompidou) Cours mensuels
padamapani
Dans la simplicité, sans jargon et sans obligation de s’engager, venez recevoir la transmission qui invite à s’asseoir, en suivant une tradition qui remonte au temps du Bouddha.
Les soirées se composent d’une instruction de méditation, d’un temps de pratique (45mn) suivi de questions, puis d’un enseignement. Horaires : de 19h30 à 21h30.
La méditation face à la confusion. Comment faire quand tout fout le camp ?
Informations pratiques :
5 euros pour les frais de location de la salle sont recommandés. Selon l’usage, un don pour l’enseignant est à la discrétion de chacun. Il est demandé de venir à l’heure précise. Les portes sont fermées lorsque commence la méditation. Ceux qui possèdent un coussin sont priés de l’apporter, les coussins de l’association étant réservés en priorité aux nouveaux arrivants
A cette occasion, Benoît Damant présentera son disque Requiem pour Claude de Lorraine
Ce disque présente trois premières :
Le premier enregistrement de l’œuvre. La Missa pro mortuis, ou Requiem de Pierre Cléreau est ici enregistrée pour la première fois. Il s’agit pourtant d’une œuvre importante de l’histoire de la musique dont nous avons montré l’intérêt dans un article scientifique dont la substance est reprise dans le livret du disque. Cette œuvre fut jouée à Joinville (52) en 1550 lors des fastueuses funérailles de Claude de Lorraine, premier duc de Guise.
Le premier enregistrement d’une basse de cornet et de l’orgue de Deneuvre. Cet instrument de la famille des cornets à bouquins n’a jamais été enregistré jusqu’à aujourd’hui. Il était pourtant commun à la Renaissance. Celui joué par notre musicien Volny Hostiou est une copie faite d’après un instrument conservé au Musée de Bruxelles. On entend dans cet enregistrement un cornet à bouquin et un cornet muet mais aussi une viole de Gambe, une dulçiane ou basson renaissance. Une place de choix est donnée au magnifique orgue historique de Deneuvre (54), enregistré également pour la première fois et qui accompagne les quatre voix solistes et les instruments de l’Ensemble Entheos.
Le premier enregistrement de l’ensemble Entheos. L’Ensemble Entheos se consacre au répertoire musical et artistique de la Lorraine du XVIe siècle. L’ensemble signe ici un enregistrement qui montre d’emblée son engagement pour le rayonnement de la région Lorraine. Nos interprétations s’appuient sur un examen exigeant des sources historiques et sur une démarche scientifique (musicologie, organologie, rhétorique…), mais le questionnement de l’œuvre en propre constitue le cœur de notre démarche.
Courriel : asso_entheos@yahoo.fr
Genève
APPRENDRE A MEDITER
Week-end, Genève.
Du 7 au 9 décembre 2007, Suisse.
Ce week-end introduira à la pratique de la méditation telle que l’a découverte le Bouddha il y a 2500 ans.
Dans une perspective non-religieuse, nous examinerons comment les représentations du Bouddha et les monuments que cette tradition spirituelle a suscités dans toute l’Asie éclairent le sens de la pratique de la méditation.
Nous lancerons aussi un regard sur l’influence de la méditation sur l’art moderne de Claude Monet à Bill Viola.
Horaires :
Vendredi 7 décembre : 20h – 22h30
Samedi 8 : 10h - 12h30 et 14h30 – 19h
Dimanche 9 : 9h30 –13h
Prix du week-end : 40 euros (hors repas et hébergement)
S’ouvrir à la Joie et à la Ferveur
4 jours pour fêter le nouvel an en Normandie.
Vajradhara Ling, Domaine du Château d’Osmont, 61120 Aubry le Panthou, Normandie.
Du 30 décembre 2007 12h au 2 janvier 2008 16h.
Fêter le nouvel an dans la joie, la ferveur et la poésie
Les fêtes de fin d'année sont souvent des moments douloureux, où chacun est renvoyé à sa solitude, à la nécessité de s'amuser sans en avoir particulièrement envie. Si pour vous, "s'éclater un bon coup" n'est pas la meilleure manière de fêter la fin d'une année et le début d'une autre, Prajna & Philia vous propose de pratiquer !
Où trouver appui ? Où retrouver la plus belle source ? Où vivre au plus haut et au plus juste ? Dans la poésie.
Nous en lirons. Nous en écouterons. Nous pratiquerons la méditation. Nous apprendrons à sauter au coeur du réel. A plonger dans le lac doré du présent.
Un séminaire ouvert au débutant.
Prix du séminaire :
Tarif unique : 260 euros (repas et hébergement inclus).
Supplément chambre individuelle : 10 euros par jour
Inscription auprès de Marie-Laurence Cattoire : marie-laurence@ cattoire.com
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Si vous
avez des réactions ou des informations à nous faire
connaître, écrivez à : fmidal@club-internet.fr
http://www.fabrice-midal.org/