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Prajna & Philia Genève

Pratique de la méditation et enseignement de Fabrice Midal (dates voir Agenda)
Pour tout renseignement :
Marie-Laurence Cattoire 06 11 05 68 63
marie-laurence@cattoire.com

Pratique de la méditation,
les jeudi soirs à Limoges

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Pratique de la méditation le jeudi soir 2 fois par mois

Introduction à la méditation
comme voie d'honnêteté

D
évelopper la paix du coeur
et la vision juste

week-end enseigné par Fabrice Midal

du vendredi 20 juin 20 heures au dimanche 22 juin 13 heures
40 minutes sud de Limoges route de Périgueux


APPRENDRE À MÉDITER
Ces deux week-ends présenteront la pratique de la méditation selon
la perspective que découvrit il y a 2500 ans le Bouddha. Présenté par Fabrice Midal
Château Bruyant, Maison des Enfants
du Quartier des Pâquis - Genève
du vendredi 11 au dimanche 13 AVRIL 2008
du vendredi 13 au samedi 15 JUIN 2008

renseignements :
Léa Sham’s 05 55 58 29 93
leashams@club-internet.fr
renseignements :
M.-D. Kessler et J. Dumas
md-kessler@hotmail.com /+4122 731 12 68
juliettedumas@bluewin.ch / +4122 734 9017

PRAJNA & Philia

La pleine intelligence & l’amitié

Prajna est un mot sanscrit qui désigne l’intelligence la plus accomplie, virtuellement présente en chacun de nous. Le bouddhisme vise au premier chef à déployer cette intelligence pure et directe, souvent symbolisée par une épée qui pourfend les doutes pour faire jaillir la réalité nue et nous permettre de voir les choses telles qu’elles sont. Prajna repose, de manière plus ou moins latente, en chacun de nous. Nous n’avons pas à l’acquérir par un effort de volonté, mais à l’éveiller.
Faire ce mouvement est décisif car prajna nous permet d’entrer en relation, par-delà toute confusion, avec nous-mêmes et le monde.
Présenter le bouddhisme comme une manière de calmer son esprit, une voie sympathique pour fuir les difficultés de la vie et se réaliser soi-même, prépare le saccage de cette tradition. Suivre la voie du Bouddha, c’est d’abord apprendre à questionner son expérience avec une grande lucidité et clarté.


Achille et Patrocle

Philia est souvent traduit par aimer, mais cette traduction ne dit pas grand chose de l’extraordinaire expérience grecque. La philia est plus exactement cette dimension où chacun est invité à « déployer son être propre ».
Telle est la hauteur de l’amitié véritable qu’il ne faut donc pas restreindre à la seule signification psychologique, au fait de s’associer pour combler ses carences sociales ou affectives et meubler sa solitude. Ensemble, avec celui qui nous est cher, il est possible d’être vraiment qui nous sommes face à ce qui importe. C’est en ce sens qu’Aristote remarque dans l’Ethique à Nicomaque : « Quand deux hommes marchent ensemble, alors oui, ils ont plus de vigueur pour penser et pour agir ».
La philia inclut aussi toutes les formes du lien selon lesquelles s’élabore et s’entretient la vie des hommes. En tant qu’appartenance réciproque, elle est à la source de toute communauté possible. Sans elle, il n’y a que des organisations.
Comment un enseignement pourrait être donné authentiquement sans prendre place dans cette dimension ?

Le dialogue de prajna et de philia est d’abord, en ce sens, une expérience aussi simple que salutaire.
Salutaire pour le bouddhisme, ainsi invité à oser nous surprendre et nous conduire à un réel retournement de notre être (non à être une thérapeutique mièvre pour émousser nos difficultés et nous guérir de la vie).
Salutaire pour l’Occident, devant affronter le nihilisme qui le ravage (et non le propager par le développement acharné et affairé de sa comptabilité).
Un tel dialogue, en son point le plus haut et le plus secret – car si rarement soutenu – de la tradition bouddhique et de l’Occident, invite à voir plus clair dans le dessein de notre existence et dans le destin de notre époque.

 


Manjushri

La méditation constitue le chemin qui permet à chacun, dans la tradition bouddhiste, d’entrer au cœur de toute expérience, de la laisser être, d’en faire l’épreuve. L’essentiel est ce geste de s’asseoir sans projet. Suivre son souffle. Revenir encore et encore au moment vivant. Faire un avec lui. Etre présent, sans s’identifier aux événements mentaux – pensées ou émotions – qui nous traversent. Eprouver ce que nous sommes sans s’y perdre. Etre.
À l’âge de l’affairement, donner droit à une pratique qui ne recherche pas immédiatement un bénéfice quantifiable court-circuite la confusion qui nous submerge.
« Par méditation, selon les mots de Chögyam Trungpa, nous entendons ici quelque chose de fondamental et de très simple, qui n’est pas relié à une culture quelconque. Nous parlons d’un acte vraiment fondamental : s’asseoir par terre, prendre une posture correcte. (…) Nous sommes tout simplement assis, comme un guerrier, et de là naît en nous un sentiment de dignité. Nous sommes là, pleinement, personnellement, authentiquement. »
L’important est de transmettre une telle pratique, celle que, depuis le Bouddha, des générations de pratiquants éprouvent et que Chögyam Trungpa a su vivifier avec une radicalité inouïe et peu conventionnelle.
Dans cette perspective si rarement présentée aujourd’hui, pratiquer, c’est apprendre à soutenir la ligne de risque, l’ouverture qui jamais ne peut se posséder, l’incertitude féconde, la tendresse salutaire : l’espace !


La prajnaparamita, Java

Cette discipline a ceci de merveilleux qu’elle nous apprend à faire pleinement et précisément l’expérience de ce que nous ressentons dans notre corps, notre cœur et notre esprit. Elle nous montre comment habiter au centre de notre existence.
Le bouddhisme ainsi envisagé n’est pas une doctrine à apprendre, une religion à laquelle souscrire, mais est une voie pour célébrer ce qui est : la beauté et l’effroi, la brillance et la simplicité, l’amitié et la patience.
C. Trungpa l’avait annoncé dès son arrivée en Occident : « Un certain nombre de voies de traverse conduisent à une version distordue, égocentrique de la vie spirituelle. Nous pouvons nous illusionner en pensant que nous nous développons spirituellement, alors qu’en fait nous usons de techniques spirituelles pour renforcer notre ego ». A l’heure où un bouddhisme-tisane envahissant réduit l’appel du Bouddha à un adjuvant nous préservant de la gravité de l’existence et nous faisant fuir le "péril ouvert" que nomme le poète R. M. Rilke, il peut être salutaire de cultiver prajna dans la dimension de la philia. De cesser de s’en laisser compter. D’oser explorer qui nous sommes avec courage et curiosité.
Un tel effort pour travailler sur soi-même, pour être plus libre, pour développer la clarté de prajna, débouche non sur une saisie qui cherche à tout s’approprier mais sur une entrée dans le Grand Réel. Donnant droit au non-ego, laisser libre le silence, le retrait – le Rien – s’irradier pleinement au cœur du monde.
Un tel bouddhisme ne cherche pas à nous donner des réponses réconfortantes mais nous appelle à rester questionnant, dans l’ouverture où rien n’est solidement et définitivement fixé. Il est alors frère de la poésie, au sens où, comme le voit René Char : « Il ne saurait exister de poètes sans appréhension pas plus qu’il n’existe de poèmes sans provocation.(…) Le poète est la partie de l’homme réfractaire aux projets ».

Ainsi éprouvé, le bouddhisme est un chemin. Un chemin qui ne se contente pas d’un état du monde sécurisé où la seule satisfaction offerte à l’être humain est celle d’une vie tranquille et standardisée. Il nous invite à la grandeur – celle que chacun a à inventer pour soi-même et qui ne s’oppose nullement, bien au contraire, à la pauvreté.
Notre monde, notre société, la terre et ce qui la menace aujourd’hui ne nous le demandent-ils pas ?

Pour ce faire, le bouddhisme – par ce ressourcement dans l’expérience nue qu’offre l’attitude méditative et par le déploiement de la discrimination vivante de prajna – doit nous inviter à interroger nos ressources et tout particulièrement celles que recèle l’Occident. Il ne peut pas nous couper de nos racines, de notre langue, et doit même nous permettre de surmonter le renoncement à l’inouï et à la beauté qui marque si malheureusement notre temps. F. Nietzsche l’avait annoncé : « Le signe le plus universel des Temps modernes : l’homme a incroyablement perdu en dignité à ses propres yeux. ». Retrouver confiance en notre dignité, non par une décision subjective, mais par la patience éprouvée d’un cheminement est l’une des tâches les plus décisives qui s’imposent aujourd’hui.
Elle demande que la philosophie, comme les arts véritables – les hautes ressources de notre héritage – loin de devenir jeux d’éruditions ou de divertissements, deviennent des invitations à oser l’impossible, à vivifier l’incandescence de notre expérience et à établir un monde sacré.
Précisons, pour éviter une terrible confusion, qu’il ne s’agit pas de s’adonner à des exercices scolaires, d’acquérir des connaissances, de se perdre dans des jeux intellectuels, de former une élite de gens plus malins que les autres, mais de retrouver l’esprit d’enfance.

Les cours, retraites et séminaires données dans l’association Prajna et philia, chercheront à être fidèles à cette aspiration afin de dessiner un bouddhisme compris comme le déploiement d’un cœur authentique, comme une pédagogie de l’ouverture et comme une poétique de l’espace inouï et insaisissable.

 


C omité d'honneu0r

Vidéo d'Ingrid Auriol


Photos séminaires Prajna & Philia